En regardant le match Orlando - Dallas de ce soir, j’ai cru pendant l’espace de quelques instants que Rafer Alston était de retour sur les parquets. Étais-je à côté de la plaque… Le nouveau numéro 1 des Magic est encore plus tarré (et carré) que son prédecesseur. Et pourtant durant son premier match, Gilbert Arenas était aussi discret que Skip to my Lou durant son passage à New Jersey (17 min, 2pts, 4ast). Peu importe, "Ibatchi" aka "Agent 0" aka "M. I-crap-in-my-friends-shoes" est au centre d’un trade qui devrait replacer les Magic devant les ancêtres Irlandais et autres divas de la South-Bitch au sein de la conférence Est.
Le niveau de talent assemblé par les Magic en l’espace de 2 trades est assez effrayant…sur le papier en tout cas. Exit Vince Carter (33 ans, épave de l’Ère-Canada), Mike Pietrus (placed on the all-time injured-list), Rashard Lewis (2ème plus gros salaire de la ligue, avant-dernier en terme de passion) et autres futilités (draft pick, cash etc.). La seule pièce intéressante quittant Orlando s’agit du pivot Marcin Gortat. Mais à 4 Millions / an, il était devenu le Louis Vutton des remplaçants. Un luxe que les Magic ne peuvent se permettre dans leur quête du titre.
Et maintenant dites bonjour à Jason Richardson (29 ans, joueur ultra-complet, athlétique et encore capable de défendre), Hedo Turkoglu (le héro des playoffs 2009), Gilbert Arenas (Gilbert Arenas) et Earl Clark (jeune prospect intéressant). Du talent, du talent, encore du talent (et pas d’ailiers forts)…
Orlando s’offre donc un lifting des plus dispendieux (Hedo touchera 40 millions de dollars sur 4 ans, et Gilbert Arenas 62 millions sur 3 ans), mais boost instantanément son arsenal offensif. La rotation des Magic devrait ressembler à la suivante:
- Jameer Nelson
- J.J. Redick
- Hedo Turkoglu
- Jason Richardson
- Dwight Howard
- Gilbert Arenas
- Brandon Bass
avec Gilbert Arenas en 6ème homme, jouant le rôle de combo-guard, remplaçant soit J.J. Redick, soit Jameer Neslon. Il manque encore à cette rotation un low-post scorer, un ailier fort à qui on peut donner la balle à l’intérieur. Dwight Howard n’est pas encore une force intimidante dans la raquette en attaque, demandez à Patrick Ewing. Toujours est-il qu’avec de tels joueurs, la balle va tourner rapidement et le jeu sera basé sur une combinaison de inside-out avec Dwight ou bien de drive and kick avec les créateurs (Hedo, Nelson et Arenas), et les shooteurs (Redick, J-Rich). Les Magic ont autant d’options en attaque qu’un rubix cube a de combinaisons, mais ils devront palier à un manque d’ailiers-fort et trouver un remplaçant pour M. Dwight (Ronny Turiaf est un nom souvent mentionné). Brandon Bass, qui connait un excellent début de saison, sera appelé à jouer un peu ailier-fort, un peu pivot. Mais que ce passe t-il quand Dwight Howard atteint la limite de fautes personnelles dans un match (ce qui arrive aussi souvent qu’une journée de pluie à Edinburgh)?
La défense a, quant à elle, régressée, mais jusqu’à quel point? Sans être encore au stade lilipuciens, les Magic ont perdu la taille et la longueur qui leur permettait d’étouffer la ligne à trois points de leurs adversaires. Ils n’en restent pas moins athlétiques, et Hedo Turkoglu est capable du pire comme du meilleur (il a fait un superbe travail sur Dirk ce soir). Ah oui, ils ont toujours le meilleur rebondeur / contreur / défenseur de la NBA, et un coach anciennement engagé par Pat Riley, aussi féroce que Pat Riley.
Au final ce(s) trade(s) arrivent à un moment opportun pour les Magic. Le front office (Otis Smith) a bien compris que l’équipe n’irait nulle part avec Ground-Canada et le groupe de joueur actuel. Avec la future "free-agency" de D12 en tête, un changement s’imposait et voilà donc chose faite. C’est une prise de risque avant tout financière, mais aussi sportive (Gilbert Arenas a quand même ruiné à lui tout seul la franchise de DC). Le joker de ce trade c’est Gilbert, qui obtient la chance inespérée de relancer sa carrière sous la tutelle de son grand ami, Otis Smith. Idem dans une moindre mesure pour Hedo Turkoglu qui s’était brulé les ailes dans le grand nord et retrouve ses loyaux fans du club Mickey. Il reste encore quelques failles dans le roster d’Orlando, mais il y a fort à parier qu’Otis Smith n’a pas fini d’opérer sa magie.
Mon Verdict:
7.5 / 10 (B+)
